Vous avez fondé PM (@PolitiqueMédiatique) en 2024. Quelle est la raison d’être de ce média ?
PM @politiquemediatique est le premier média jeune dédié à l’économie, aux industries sensibles et aux savoir-faire français. La promesse est claire : parler de l’industrie autrement.
L’objectif de PM est d’informer et de sensibiliser les jeunes à l’industrie, de les éveiller à la citoyenneté par ce biais, à l’aide de formats originaux. PM est fait par des jeunes pour des jeunes. On veut faire avant tout de la pédagogie, on ne fait pas de la politique. On vient compléter l’offre des médias plus traditionnels, avec un ton et des formats qui parlent à notre génération.
Quand nous avons lancé PM en 2024, nous avons réalisé un sondage auprès des jeunes : parmi les mots qui revenaient le plus souvent en rapport avec l’industrie, il y avait sans surprise « polluant », « usine » et « toxique ». On s’est dit qu’il fallait proposer un autre regard, de l’information, du savoir, des échanges, et au fond, une meilleure image de l’industrie et de ses dirigeants.
Concrètement, quelles sont les actions de PM ?
Nos actions sont variées : nous organisons partout en France des événements - débats, visites d’usines… -, nous produisons du contenu pédagogique sur les réseaux sociaux et nous diffusons une newsletter mensuelle, « La Dose PM », pour mieux faire comprendre l’économie et les industries sensibles. Les débats rassemblent entre 50 et 300 participants, et font intervenir trois ou quatre dirigeants, généralement des directeurs Affaires Publiques. Les participants ont entre 15 et 65 ans, et posent souvent des questions en tant que consommateurs, cherchant à comprendre comment les systèmes, notamment de tarification, fonctionnent. Par exemple : pourquoi paie-t-on ce prix pour tel type de service de transport ? Pourquoi tel médicament est-il remboursé tandis que tel autre ne l’est pas ? Mais ils peuvent aussi poser des questions techniques lorsqu’ils sont eux-mêmes experts dans certains domaines.
Les thèmes abordés par PM sont-ils strictement industriels ?
Oui, mais avec une vision large de l’industrie. Pour nous, toutes les industries sont sensibles, et donc tout peut devenir un sujet de débat, d’échanges, en particulier auprès des jeunes. PM est une invitation faite aux jeunes de découvrir les industries sensibles. En revanche, nous ne sommes pas politiques. Les thèmes abordés sont d’ordre économiques, industriels, sociaux, sociétaux, parfois techniques.
Comment qualifier la ligne éditoriale de PM et son positionnement dans l’écosystème médiatique ?
Aujourd’hui, je vois PM @politiquemediatique comme une plateforme, comme un laboratoire média. Nous sommes insérés dans l’écosystème lié à l’industrie et au Made In France. Nous sommes en lien avec cet écosystème, par exemple La Facto, Les Meufs de l’Industrie, les Influstriels, entre autres. Cet écosystème est nécessaire, et nous en faisons de fait partie. Mais nous y avons une place particulière, car nous avons une vision large de l’industrie. Nous entendons par industrie tout secteur économique sensible. Par sensible, j’entends qui fait débat, qui interroge, qui divise parfois. Dès lors qu’un sujet touche à la vie quotidienne des citoyens et soulève des questions économiques, environnementales, sanitaires, sécuritaires, éthiques, il entre dans notre champ.
Quel regard portez-vous sur les dirigeants d’industries ?
Les dirigeants sont rarement entendus au-delà des cercles économiques, souvent méconnus du grand public, et donc mal jugés, par les jeunes en particulier. Il faut donc essayer de comprendre, de les connaître, avant de juger leurs actions. Les jeunes nous disent que grâce aux discours « punchy » de certains dirigeants que nous faisons intervenir, ils peuvent s’identifier, envisager des carrières dans l’industrie, voire même porter des projets Made In France. Ces discours motivent et suscitent des vocations. Ils sont plus que nécessaires aujourd’hui, c’est pour cela que PM existe.
PM en quelques chiffres ?
PM est présent majoritairement sur Instagram, TikTok, LinkedIn et YouTube. Nous avons déjà touché 2 millions de personnes en 1 an via nos contenus et comptons plus de 12 000 abonnés réguliers sur les réseaux sociaux. Sur Instagram, 65 % de nos contenus sont vus par les 18-24 ans. De nombreux lycéens nous écrivent, nous posent des questions, échangent avec nous. Sur LinkedIn, 70 % de nos contenus sont vus par des décideurs économiques.
Un point intéressant : plus de 80 % des jeunes qui nous écoutent sont issus de filières générales, donc pas forcément techniques ou industrielles. C’est exactement le public que nous voulons toucher : ceux qui n’étaient en rien prédisposés, a priori, à aimer ces secteurs si particuliers.
Quel est le modèle économique de PM ?
Nous avons été indépendants et rentables dès le départ. Nos financements sont pluriels : dons citoyens, publicités sur les réseaux sociaux, marque blanche, conseils aux dirigeants... Cette dernière activité de conseil aux dirigeants est apparue au fil du temps, même si elle n’était pas prévue au départ. Aujourd’hui, l’équipe de PM comprend cinq personnes, auxquelles se sont récemment ajoutés deux stagiaires.
Au fil du temps, nous tendons à nous développer, en partie grâce aux partenariats, que ce soit avec le SEPEM Douai, la Paris Creator Week, l’association Le Vrai Débat, le salon Global Industries…
Quels sont les axes de développement de PM ?
D’abord, continuer à nous développer partout en France, jusqu’en Outre-Mer : la Guadeloupe, la Réunion par exemple. Ensuite, produire de nouveaux formats. Nous travaillons par exemple sur un nouveau concept de vidéos courtes où de jeunes enfants expliquent des concepts économiques jugés complexes de manière simple et humoristique, avec leurs mots mais surtout leurs objets du quotidien (des cartes Pokemon, des paquets de gâteaux…) : qui n’a jamais rêvé de comprendre la réforme des retraites en quelques minutes grâce à Rayan, 8 ans, et ses peluches ?
Surtout, PM va devenir prochainement un groupe média. PM @politiquemediatique reste la maison-mère et poursuit ses activités, en parallèle nous ouvrons des filiales par verticale industrielle, toujours avec la même recette : fait par des jeunes, pour des jeunes ; des concepts originaux au service d’une meilleure compréhension de l’économie et des industries. Notre première filiale portera sur l’industrie de la Défense, avec une mise en place prévue d’ici un an. Et qui sait ce que nous réserve la suite ?
Après plus d’un an d’existence, quel bilan tirez-vous ?
Nos contenus et nos actions sont très bien reçus : auprès des jeunes, des institutionnels et de l’écosystème Industrie. Le savoir-faire français est bien perçu. La parole des dirigeants motive des jeunes à rejoindre l’industrie ou à porter des projets. Le bilan est très positif, et nous n’en sommes qu’au début ! À nous tous d’écrire la suite.