Les Influstriels : une dynamique collective au service de l'industrie
Février 2026
Émilie Le Douaron
Présidente du collectif Les Influstriels
Les Influstriels : une dynamique collective au service de l'industrie
Février 2026
Émilie Le Douaron
Présidente du collectif Les Influstriels
Pourquoi avoir fondé Les Influstriels ? Quel besoin ?
À l’origine, il y a un décalage qui m’a toujours frappée : celui entre la réalité de l’industrie telle que nous la vivons au quotidien et l’image qu’en a le grand public. L’industrie française est innovante, créatrice d’emplois, engagée dans la transition écologique, même si elle a encore des efforts à faire, comme partout… mais elle reste souvent réduite à des clichés hérités d’un autre siècle.
Les Influstriels sont nés de cette frustration partagée par de nombreux professionnels : nous faisions tous, chacun de notre côté, de la pédagogie, de la prise de parole, du décryptage. L’idée a été de passer d’initiatives individuelles dispersées à une dynamique collective pour gagner en portée, en cohérence et en impact.
Le besoin était donc double : redonner de la visibilité à l’industrie réelle et le faire par des récits incarnés, portés par celles et ceux qui la font vivre.
Quelles sont les actions du collectif ?
Notre action repose sur un principe simple : l’industrie a besoin d’ambassadeurs, pas seulement de discours institutionnels. Concrètement, Les Influstriels agissent comme un levier de coordination et d’amplification des prises de parole individuelles. Nous intervenons principalement sur trois axes :
· Des actions d’influence digitale coordonnées, notamment sur LinkedIn,
· Des prises de parole lors d’événements, de tables rondes ou dans les médias,
· Des partenariats éditoriaux avec des acteurs engagés pour l’attractivité de l’industrie.
Nous soutenons aussi parfois des initiatives existantes (salons, temps forts nationaux comme la Semaine de l’Industrie, démarches territoriales, etc.) en apportant un regard, une narration et une visibilité complémentaires. L’objectif n’est jamais de faire "à la place de", mais de renforcer ce qui existe déjà.
Quels sont les grands défis à relever ?
Le premier défi, c’est celui de l’attractivité. Alors même que l’industrie recrute et offre des perspectives solides, elle peine encore à susciter l’envie, notamment auprès des jeunes. Il y a un vrai travail de fond à mener pour reconnecter l’industrie aux enjeux de société : emploi, transition écologique, souveraineté, utilité sociale.
Le deuxième défi est interne : éviter la dispersion. Plus le collectif grandit, plus il faut être clair sur notre mission, notre rôle et ce que nous attendons des membres. La cohérence est essentielle pour conserver de l’impact.
Enfin, il y a un défi de temps long auquel heureusement on est habitués dans l'industrie ! Changer un imaginaire ne se fait pas en quelques mois. Cela demande de la constance, de la répétition et une capacité à tenir le cap malgré les cycles médiatiques.
Quelles sont les perspectives pour les années à venir ?
Les prochains mois (voire les prochaines années) doivent être ceux du changement d’échelle, mais pas à n’importe quel prix. Notre priorité est de structurer des partenariats utiles, alignés avec notre vision, et de renforcer notre capacité d’action collective. Nous travaillons également sur des formats plus structurants, comme des baromètres ou des outils de lecture des narratifs industriels, afin d’objectiver certains débats et d’alimenter les prises de parole.
Enfin, nous voulons continuer à faire émerger de nouveaux porte-voix : des profils variés, issus de tous les territoires et de tous les métiers de l’industrie. Le collectif n’a de sens que s’il amplifie les voix individuelles, sans les uniformiser.
D’autres collectifs sont engagés pour défendre l’industrie en France. Comment Les Influstriels interagissent-ils avec eux ?
Les Influstriels ne se positionnent pas en concurrence des autres initiatives existantes. Au contraire, nous cherchons à créer des passerelles. Nous travaillons régulièrement avec des fédérations, des organisateurs de salons, des acteurs institutionnels ou des collectifs engagés, comme la French Fab, autour de logiques de complémentarité.
Notre singularité réside dans notre approche éditoriale et incarnée : nous intervenons là où la narration, l’influence et la prise de parole individuelle peuvent apporter une valeur ajoutée. L’enjeu n’est pas de multiplier les structures, mais de faire converger les énergies autour d’un objectif commun : rendre l’industrie française plus visible, plus compréhensible et plus désirable.